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Favoriser l'accès à la justice sans se ruiner
 
Le Journal de Montréal, mercredi 15 août 2007

SÉBASTIEN BROUSSEAU
David a terrassé Goliath

À sa sortie de prison, il a gagné son combat contre le Barreau pour être avocat

Il a tué sa mère de 40 coups de couteau, purgé une courte peine de prison et, après une bataille épique contre le Barreau du Québec, il a réussi à devenir avocat. Sébastien Brousseau veut profiter de son expérience pour faciliter l'accès du vrai monde à la justice.

DAVID SANTERRE
Le Journal de Montréal


Sébastien Brousseau a été condamné à la prison pour le meurtre de sa mère.
Le 16 novembre 1990, Brousseau, 21 ans, tue sa mère, Micheline Sévigny, qui, prétend-il, l'engueule et essaye de le frapper à coups de bâton de baseball.

Accusé de meurtre prémédité, il plaide finalement coupable à l'accusation réduite d'homicide involontaire, clamant ne pas se souvenir, ou presque, du crime.

Il est condamné à quatre ans et 10 mois de prison, et est libéré en 1992.

À sa sortie, il commence des études de droit à l'Université de Montréal. Mais le Barreau du Québec refuse par la suite cinq fois de l'admettre à l'École du Barreau, étape finale vers l'accession à la profession, à cause de son passé criminel.

Brousseau en appelle devant les tribunaux supérieurs, qui le déboutent. Jusqu'à l'an dernier, quand le tribunal des professions juge que Brousseau présente «les moeurs, la conduite, la compétence, les connaissances et les qualités requises», et ordonne au Barreau de l'accepter.

La Barreau rend alors les armes et Brousseau est assermenté en mai par le bâtonnier de Montréal, Me Gilles Guimet.

Exilé en Asie

Depuis, Me Brousseau s'est exilé en Asie, où il administre deux firmes d'avocats et où il exploite un site Web dans lequel il conseille, moyennant des honoraires de 30 $ l'heure, les Québécois désireux de se représenter seuls devant un juge.

Dans une entrevue accordée au Journal de Montréal, il s'est dit surpris par l'ardeur du Barreau à lui interdire l'accès à la profession.

«C'était David contre Goliath. J'ai perdu 11 ans de ma vie à lutter contre du vent, contre le temps. Je suis exactement la même personne qui a fait sa première demande d'admission en 1996 pour être finalement admise en 2007», déplore-il.

Me Brousseau a refusé de revenir sur le terrible crime qu'il a commis, mais il croit pouvoir mettre à profit cet épisode scabreux. C'est pour cela qu'il a fondé le site Autorepresentation.com, même si la plupart des avocats déplorent souvent l'augmentation du nombre de personnes qui se représentent seules dans les palais de justice, ce qui alourdit le système.

«L'entreprise pour laquelle je travaille ne cautionne pas ceux qui se défendent seuls. Mais nous constatons que plusieurs personnes ne sont pas admissibles à l'aide juridique et ne peuvent payer des frais d'avocats. Nous favorisons donc l'accès à la justice. Combien d'avocats chargent 30 $ l'heure?» demande Me Brousseau, qui dit avoir aidé plus de 50 clients en juin.


Il ignore les critiques

DAVID SANTERRE

Sébastien Brousseau n'a que faire des critiques et estime avoir toute légitimité pour pratiquer sa profession.

Dans un article paru dans le Journal de Montréal en mai, Pierre-Hugues Boisvenu, de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues, se disait troublé par l'assermentation de Me Brousseau.

«Le geste qu'il a commis en 1990 n'a plus aucune conséquence. Sa vie a repris son cours, mais pas celle de sa victime. Comme d'habitude, les criminels ont plus de droits que leurs victimes», déplorait-il.

«Est-ce que ces gens penseraient de même si j'avais voulu devenir médecin, ingénieur, comptable? Dois-je aussi être exclu comme chauffeur d'autobus, architecte ou bibliothécaire? J'offre à M. Boisvenu une consultation gratuite!» lui répond Sébastien Brousseau.

Bâtons dans les roues

Même si beaucoup de gens lui ont mis des bâtons dans les roues durant son cheminement vers la profession d'avocat, Me Brousseau dit être bien estimé par ses pairs.

«Une quinzaine d'avocats ont témoigné sur mes qualités et mes connaissances juridiques. Il ne fait aucun doute que je suis estimé et reconnu par ceux qui me connaissent et m'ont vu à l'oeuvre», dit-il.

Me Brousseau louange notamment les avocats Daniel Paquin, Anne-Marie Lanctôt, Julius Grey et Pierre Poupart, ce dernier lui ayant donné sa première chance dans le métier.
 


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